Hier soir, j’ai eu la chance d’aller à la première mondiale du concert Another Brick in the Wall qui est une réinterprétation lyrique de l’œuvre mythique du groupe Pink Floyd. Oui, oui, j’ai des parents comme ça qui veulent me faire découvrir des choses.

 

Pour lire et comprendre un peu plus sur le spectacle :

Another Brick in the Wall, c’est | Résumé de l’événement | Argument

 

 

Avant de commencer, je voudrais dire que je ne connais pas tellement l’œuvre du groupe Pink Floyd. J’ai déjà entendu plusieurs fois l’album ou le concert chez moi en arrière-plan puisque mes parents sont de grands amateurs du groupe, mais je n’ai jamais vraiment écouté attentivement à la musique de Pink Floyd. Par contre, j’étais bien curieux de voir ce que les créateurs du concert avaient fait et comment ils avaient adapté l’œuvre originale afin de la transposer sur scène et en opéra.


Another Brick in the Wall, c’est

10 représentations entre le 11 et le 27 mars 2017
8 solistes
46 choristes
70 musiciens
2 enfants
20 figurants
234 costumes
8 projecteurs vidéo de 20 000 W
3 camions
Des projections en 4K sur 1 écran de 21pi par 21pi


J’ai un peu de la difficulté à faire une critique du spectacle pour diverses raisons, alors je préfère parler de ce qui m’a plus plu et les choses que j’ai moins appréciées.

Ce que j’ai grandement aimé : La scénographie, la mise en scène et les projections vidéo sont totalement grandioses. Le tout vient créer (ou recréer) l’univers de The Wall de Pink Floyd. C’est assez fou le nombre de personnes qu’il y a sur scène. Par moment, il y peut y avoir environ 75 chanteurs, choristes et figurants. Ce qui rend les scènes des deux actes encore plus impressionnants. Habituellement, les mises en scène des productions de l’Opéra de Montréal ne comptent pas une si grande distribution.

Les décors sont gigantesques, mais assez simplistes. Les décors et les effets visuels viennent très bien se complémenter. Puisque c’est une œuvre moderne, la technologie est grandement utilisée afin de soutenir la mise en scène. Durant toutes les scènes, il y a des effets visuels qui sont projetés sur les différents écrans (comme le mur). Le visuel est à la fois abstrait et un peu psychédélique avec une touche de moderniste (ce n’est pas dans le style des années 70).

Ce que j’ai moins apprécié : Si la mise en scène était fabuleuse à regarder, ça m’a rappelé pourquoi j’ai arrêté d’aller à l’opéra et au théâtre. Plusieurs scènes sont assez statiques et longues. C’est ce qui m’a fait un peu décrocher de l’histoire.

La musique, bien qu’elle soit bonne, n’a rien à voir avec l’œuvre originale, seuls les textes sont repris. Ce n’est pas un défaut, même c’est quelque chose de très bien puisque ça s’inscrit complètement dans cette réinterprétation. La musique et les textes ont été adaptés pour les 8 solistes de l’opéra. L’œuvre lyrique reprend les codes classiques de l’opéra (distributions des rôles selon le type de voix). Par contre, toute la musique de cette œuvre n’est pas venue me chercher (je peux reconnaître la grande qualité de la production). Je crois que c’est surtout par le fait que je ne connais pas tellement l’œuvre originale et que je n’ai pas su reconnaître les différentes pièces. Après le spectacle, j’en ai parlé avec mes parents qui eux avaient un tout autre discours. Ils ont été grandement émus et touchés par ce qu’ils ont vu et entendu !

Bref, je suis un peu ambigu sur le fait d’avoir aimé ou non le concert d’où le fait que je disais avoir de la difficulté à faire une critique de l’œuvre lyrique. Another Brick in the Wall s’adresse avant tout à ceux qui aime l’opéra et qui adore l’univers de Pink Floyd. Pour ma part, le manque de référents culturels à l’œuvre originale de The Wall a fait que j’ai beaucoup moins apprécié ce que j’ai vu et entendu. Another Brick in the Wall réussit à mettre en scène l’histoire de l’album.

La musique lyrique de Julien Bilodeau et la mise en scène de Dominic Champagne vont probablement voyager à travers le monde et faire grandement rayonner le travail des gens d’ici à l’étranger !

 


Résumé de l’événement

Un happening lyrique pour souligner le 375e anniversaire de Montréal : The Wall, oeuvre mythique de Roger Waters, en version opéra. La création de cette adaptation sur une scène montréalaise est très significative, car c’est après un concert au Stade olympique de Montréal en 1977 que Roger Waters a eu l’idée de ce projet. D’abord un album concept (1979) et ensuite un film (1982), The Wall est un drame psychologique inspiré de la vie de Roger Waters. À travers la mise en scène des sentiments d’aliénation mentale et d’isolation de Pink, The Wall représente les difficultés de toute une génération confrontée à la désintégration de ses rêves et du monde.

– Tiré du site web de l’Opéra de Montréal (12 mars 2017)


Argument

– Acte I

Pendant un spectacle rock, le fanatisme inquiétant de la foule exaltée exaspère le chanteur vedette Pink, à un point tel qu’il invite un fan à monter sur scène et lui crache au visage. Bouleversé par son geste, Pink s’effondre sur scène. Il se retrouve dans une clinique où il entreprend un voyage au cœur du grand spectacle de sa propre vie. Il revoit le moment de sa naissance, revisite son enfance, marquée par la guerre, alors que son père part sous les armes, laissant sa femme et son bébé derrière lui avant de mourir au front. Il grandit auprès d’une mère qui le surprotège et subit à l’école les vexations d’un professeur tyrannique au service d’un monde qui surveille et tente de contrôler la pensée de ses citoyens. Une première révolte est vite étouffée.

Au sortir de l’adolescence, Pink se libère de l’emprise maternelle grâce à une femme libre, belle et provocante avec qui il se marie. Rock star riche et célèbre, inspiré par sa femme, il s’isole pour composer une œuvre qui s’en prend au pouvoir de l’argent. De son côté, sa femme prend la rue pour participer à des manifestations contre le monde de la finance où elle rencontre un autre homme. Bientôt, un fossé se creuse entre Pink et sa femme. Pendant une tournée, Pink se défonce avec les groupies qui gravitent autour de lui, obsédé par les ébats passionnés de sa femme et son amant.

En proie au désordre amoureux et à un intolérable sentiment de désolation, la rock star vit des moments de rage intérieure et de dépression, assiste à la disparition de ses amours, puis rejette un à un alors tous ceux avec qui il a pu se lier. Toutes les blessures, tous les traumatismes se sont imposés comme autant de briques pour constituer le mur qui désormais l’isole de l’humanité. Pink est seul avec lui-même, et dit adieu au monde.

– Acte II

Toujours isolé, Pink tente de reprendre contact avec le monde ; il reçoit la visite des fantômes de ceux qu’il a aimés, mais rien ne va plus. Dans un moment de grande désolation, tentant de consoler l’orphelin qu’il a toujours été, Pink se met à rêver au retour de son père et à la fin de toutes les guerres. Mais le rêve est une chimère et Pink est en chute libre.

Pink s’installe alors dans une confortable aliénation. Rock star au sommet de sa puissance, il a édifié un mur entre lui et le reste du monde. Flirtant avec la folie, il poursuit sa chute délirante en se métamorphosant en leader fanatique qui harangue ses partisans et promet de se débarrasser de tous ceux qui l’empêchent d’exister, qui vivent de l’autre côté du Mur et qui tentent de fuir. Mais Pink et ses hommes pourchassent ces migrants et réfugiés en quête de liberté. Au paroxysme de son aliénation, Pink s’enferme dans un enfer totalitaire où il est convoqué à commettre les pires atrocités. Souffrant plus que jamais, Pink demande à ce que son cauchemar s’arrête.

La clinique où il vient d’accomplir ce long voyage au bout de sa nuit devient un tribunal. Au terme d’un procès dément où témoignent les personnages de son univers, le juge condamne Pink à rompre avec son isolement et à retourner vivre dans le monde.

– Tiré du site web de l’Opéra de Montréal (12 mars 2017)

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