Si vous avez grandi dans les années 70-80 vous vous souvenez sans doute des bandes dessinées Archies que l’on pouvait retrouver littéralement partout: parmi les revues au dépanneur, à côté de la caisse à l’épicerie, sur le bord de n’importe quelle toilette, dans les fentes du divan, dans les poubelles au coin de la rue et j’en passe… Sa prolifération était due autant à son contenu léger et facile d’approche pour tous les âges, qu’à son prix peu élevé, même pour l’époque. En 2013 Archie Comics a publié Afterlife with Archie, une histoire où la bande d’adolescents se retrouve en plein milieu d’une apocalypse zombie, qui a fait carton et pousse ensuite la compagnie à relancer la bande dessinée Archie et à l’adapter pour notre époque. Le succès est au rendez-vous, la porte est ouverte pour l’adaptation télévisuelle… Riverdale va voir le jour…

Dès les premiers instants de la série nous savons déjà qu’on est loin de la bande dessinée: un meurtre, du jamais vu dans les pages de la série; Veronica Lodge avec sa mère à Riverdale pendant que son père est à New York, l’inverse de ce qu’on pouvait lire à l’époque; la mère de Betty qui lui fait prendre des Adderalls; Josie et les Pussycats qui donnent dans le hip-hop bonbon plutôt que le rock; Archie qui se tape l’une de ses profs… Euh quoi? Et la rivalité entre Betty et Veronica? On y reviendra, après tout ça ne fait que quinze minutes que l’épisode est commencé. On pourrait croire que la série essaie de trop réinventer la bande d’adolescents, mais le résultat est plutôt bien réussi, quoique le tout est manifestement marketé pour les jeunes adultes et les adolescents.

Malgré tout les changements, la distribution est plutôt bien réussis, même si je n’aime pas certaines décisions… Betty et Veronica, interprétées par Lili Reinhart et Camila Mendes respectivement, sont parfaites autant d’un point de vue physique, qu’au niveau de la chimie entre les actrices. En revanche, Archie et Jughead, incarnés par K.J. Apa et Cole Sprouse, ne ressemble pas vraiment à leurs alter ego sur papier, les deux acteurs ont également dû se teindre les cheveux pour leurs rôles, je dois cependant admettre qu’après deux épisodes ils livrent tous deux la marchandise pour la version des personnages que la série nous offre. Casey Cott est parfait dans le rôle de Kevin Keller, le personnage homosexuel introduit dans la série Veronica en 2010, il est même l’un des points forts de la série selon moi. Madeleine Petsch est sublime dans le rôle de Cherryl Blossom, même si elle semble parfois pousser le jeu un peu trop loin. Le reste de la bande est facile à identifier, même les personnages dont l’ethnicité a été modifiée, si vous étiez un lecteur des différentes séries papier. Je dois cependant  noter que Miss Grundy a eu toute une métamorphose…

Du point de vue de la production, on a mis le paquet, bien que la ville soit moderne, nous y retrouvons un Dinner des années 50, plusieurs vieux bolides et un vieux ciné-parc… Si ce n’était de la technologie omniprésente, autant à l’écran que dans les dialogues, on se croirait dans une bulle intemporelle. L’effet est d’autant plus accentué par les filtres utilisés qui viennent donner une apparence de rêve à plusieurs scènes, par contre ce même filtre vient désaturer les couleurs d’un tableau qui a le potentiel d’être si riche. Étrange décision de la production ou du réalisateur. En contrepartie, les différents plateaux sont tellement remplis d’acteurs qu’ils ont l’air vivants, ce qui n’est pas souvent le cas dans ce type de série.

Je vous recommande fortement de visionner les deux premiers épisodes l’un à la suite de l’autre afin de bien apprécier cette introduction à l’univers de Riverdale. Le premier épisode parvient mal à établir les multiples relations qui unissent les personnages, chose que le second réussit plutôt bien.

Riverdale est diffusé sur CW le jeudi à 21h00 et disponible quelques heures plus tard sur Netflix.

Riverdale – s01e01 – Chapter One: The River’s Edge & s01e02 – Chapter Two: A Touch of Evil

  • Réalisation: Lee Toland Krieger
  • Scénario : Roberto Aguirre-Sacasa
  • Interprètes : K.J. Apa, Camila Mendes, Lili Reinhart, Cole Sprouse, Madelaine Petsch, Casey Cott, Marisol Nichols, Ashleigh Murray, Mädchen Amick, Luke Perry
  • Drame, Mystère
  • États-Unis
  • 46 et 42 min
  • Anglais
  • http://www.cwtv.com/shows/riverdale/
  • 26 janvier et 2 février 2017
[Découverte TV] Bienvenue à Riverdale
La réalisation
Le scénario et l'histoire
Le jeu des acteurs
Le plaisir durant le visionnement
Les plus
  • Miss Grundy
  • Les décors
  • La distribution
Les moins
  • Josie et les Pussycats
  • Les couleurs désaturées
  • Tout est trop "edgy"
3.5Note Finale

Laisser un commentaire