Voici un résumé des conférences auxquelles j’ai eu la chance d’assister durant la 37e édition du Salon du livre de l’Abitibi-Témiscamingue qui se déroulait à La Sarre du 23 au 27 mai 2013.

Jeudi 23 mai:

Table ronde « Des mots… d’histoire » avec Jean-Pierre Charland, Joanna Gruda, Richard Gougeon, Anne-Marie Sicotte et Francine Ouellette.

Après les présentations d’usages, Mme Vaillancourt demande à nos invités si écrire est anxiogène pour eux et leurs réponses ont été unanimes : pas du tout! Le fait d’écrire ne provoque aucune anxiété de syndrome de la page blanche ou autre chez eux. Puis les auteurs (es) nous apprennent que l’attachement qu’ils ont envers les personnages, bons ou méchants, est  toujours présent et que ces mêmes personnages deviennent tellement riches que souvent, ce sont eux qui viennent qu’à dicter l’histoire. Le personnage ne nous surprend pas vraiment, c’est plutôt nous qui nous nous surprenons de voir où nous avons mener nos personnages, la veille ils n’auraient pas été là, et le lendemain non plus.

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Puis Mme Vaillancourt leur a aussi demandé comment ils choisissent leurs périodes/lieux historiques, et encore une fois, tous étaient d’accord pour dire que cela dépendait des personnages, et que même parfois, certaines histoires en apportent d’autres (« Spin-Off »).

Samedi 25 mai:

Table ronde « Des mots… de Chick lit » avec Amélie Dubois, India Desjardins et Joanie Godin.

Animée par Mme Danielle Vaillancourt, le trio vient nous parler de ce qu’eux pensent du terme « Chick lit« . Le trio s’entend pour dire que le terme « Chick lit » n’est plus adéquat aujourd’hui: certes lors des balbutiements de ce nouveau genre d’écriture, le terme se prêtait bien, mais aujourd’hui il est devenu beaucoup trop restrictif et confine le genre à une directive beaucoup trop mince. Ces trois écrivaines, autant pour Mme Godin qui en est à son premier roman (Match imparfait) que pour celles dont la plume a coulé plus d’encre, ont une description distincte de leurs oeuvres.  Mme Desjardins (Aurélie Laflamme, La Célibataire, Les aventures d’India Jones) préfère le terme « comédie romantique » tandis que Mme Dubois c’est de la comédie tout court et Mme Godin s’assume dans ce style.

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Mme Vaillancourt leur demande par la suite s’il serait possible pour eux d’écrire sur commande, comme plusieurs auteurs(es) le font et la réponse est catégorique: NON! Mme Desjardins elle, est trop souvent dans pleins de projets: les films d’Aurélie Laflamme, les collaborations avec Simon Olivier Fecteau et autres la rendent incapable de produire assez rapidement pour une commande. Mme Dubois (Ce qui ce passe au Mexique reste au Mexique, Chick Lit tome 1 à 5, Oui, je le veux … et vite), elle est une vraie machine: sept livre en trois ans! Elle n’aurait surement pas de misère à le faire. Et pour Mme Godin, il lui a pris entre quatre et six ans pour écrire son roman, le travail de journaliste sportive l’occupe beaucoup et ne lui laisse donc pas le temps pour écrire beaucoup.

Dimanche 26 mai

Table ronde « Des mots… de chez nous » avec Jocelyne Saucier, Célyne Fortin, Cathy Pomerleau et Jean-Pierre Robichaud.

Animée par M. Bruce Gervais, cette table ronde, comme son nom l’indique est dédiée aux auteurs de la région. Lorsque M. Gervais leur a demandé si écrire était libérateur pour eux, chacun d’eux était d’accord pour dire que oui, que c’était une forme de libération, Mme Saucier (Il pleuvait des oiseaux) s’avance même en disant: « Oui, avant j’écrivais pour ne pas mourir et aujourd’hui j’écris pour continuer à vivre ». M. Robichaud (Les coureurs d’aventure) continue la discussion en disant que pour lui, les aventures demandent beaucoup de courage et permettre de prendre du recul pour écrire et Mme Saucier renchérit en disant: « Écrire un roman c’est comme tomber dans le vide, on sait jamais où l’on tombera.

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Au cours de la discussion, Mme Fortin (Femme infrangible) nous explique ce qu’est la différence entre le roman et la poésie: le roman on cherche les émotions à l’extérieur alors que la poésie c’est l’émotion à l’état pur. M. Gervais enchaîne avec une question directement posée à M. Robichaud et lui demande si la lutte contre le climat joue un rôle dans l’écriture et la réponse est bien évidemment oui, il croit que ça la rend plus âpre, plus dure. Il n’est pas inhabituel de le voir sortir dehors à des températures de -40 Celsius et lors de son retour qu’il se mette à écrire. Il nous apprend aussi qu’il a besoin d’entendre le son du silence glacial, qu’il s’en sert comme inspiration.

En réponse à la question à savoir si la région se retrouve dans les romans, Mme Pomerleau (Ma mère est morte ce jour-là) est dans les premières à répondre que sans nommer de nom dans ses romans, on retrouve toujours la région à l’intérieur, les décors, les maisons, certains lieux spécifiques. Et un peu avant la fin de la table ronde, M. Gervais aimerait bien savoir comment ils écrivent leur premier jet de roman ou de poésie, et sans se faire attendre, M. Robichaud s’empresse de confirmer que pour lui c’est uniquement au crayon. L’ordinateur il n’est pas capable, premièrement il tape à deux doigts et deuxièmement ce n’est pas toujours accessible. L’oeil; la pensée; le crayon; c’est un excellent mariage. Pour Mme Pomerleau c’est tout le contraire, son premier roman a été écrit uniquement à l’ordinateur et ne se retrouve pas en format papier. Pour elle, l’ordinateur est le prolongement du corps.

« Mes romans ne sont pas contents de moi et ma vie n’est pas contente de moi » est une phrase que  Mme Saucier a citée d’un autre auteur en parlant du temps que l’on prenait pour écrire et que l’on ne prenait pas pour autre chose. Étant moi-même blogueur, je comprends tout à fait le dilemme entre le temps dont nous disposons pour écrire et le temps que nous devons passer en famille, et je pense que tout blogueur, journaliste, écrivains seront d’accord avec ça.

Confidences d’auteur avec Max Carignan et Nancy Boisvert

Une des belles découvertes que j’ai faite dès la première journée du salon aura été la rencontre avec Max Carignan (Sentinum) et sa conjointe Nancy Boivert, j’appréhendais donc avec impatience cette « Confidences d’auteur ». Ils nous apprennent que le tout a commencé à bord d’un hélicoptère alors que Max faisait un vol dans les Appalaches tout près des lignes américaines et qu’il avait commencé à écrire Sentinum pour le plaisir. Puis au fil du temps, ils se rendirent compte que le livre avait un certain potentiel et ont finalement décidé de l’envoyé chez un éditeur. Ils continuent alors d’écrire le roman, en famille, avec les commentaires de leurs enfants, pour ensuite ajuster l’histoire en conséquence. Nancy nous a même fait part de la tension qui devient palpable, car elle aimerait une certaine direction pour les personnages, mais que Max lui le voit autrement et qu’il arrive parfois qu’ils fassent des compromis.

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Max a tout pour avoir de l’inspiration: son père est policier, sa soeur est militaire et lui dans l’électronique industrielle, il a donc une mine d’information à portée de main. Puis un beau jour, le téléphone sonna: un éditeur est prêt à publier son livre. C’est le début d’une nouvelle aventure pour le couple. M. Gervais termine l’entrevue en leur demandant si l’on peut s’attendre à une suite à Sentinum et malheureusement la réponse est non. Cependant, Max nous a confié qu’il prépare de nouvelles aventures pour un des personnages rencontrés dans Sentinum (Spin-Off). Le tome 3 de Sentinum est prévu pour l’automne 2013.

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