Tokyo Idols a été présenté le 26 juillet 2017 dans le cadre du festival Fantasia. Le documentaire est aussi présenté au Cinéma du Parc.

Les « Idoles » sont un phénomène très populaire au Japon. Ces jeunes filles (et garçons) qui ne rêvent qu’à la popularité et au succès forment cette industrie musicale et de divertissements. Leurs admirateurs, une majorité d’hommes, sont parfois deux, trois ou même cinq fois leurs âges. Ils leur vouent un culte impressionnant qui, des fois, dépasse le culte religieux. Plus de 10 000 jeunes font partie du monde des Idoles. Pourquoi cette industrie est-elle si populaire?

 

Le documentaire Tokyo Idols dresse un portrait étonnant de cette culture et de la société nipponne. Ce film suit principalement l’idole Rio Hiiragi (RioRio) âgée de 19 ans. Plusieurs hommes allant de 30 à 50 ans lui vouent un culte immesurable. Ils sont présents à toutes ces apparitions en public et à tous ces concerts. Vouer un tel culte est un style de vie pour certains. C’est ce que les admirateurs de Rio et des analystes expliquent. Pour eux, cette obsession pour l’Idole est équivalant à amour pour une femme de leur âge. Ce qui pose un problème de société (autant démographique qu’économique), c’est-à-dire que ces hommes abandonnent tout désir de relations amoureuses pour se consacrer à leur Idole favorite. C’est pour eux un moyen de vivre par procuration et par facilité cette relation et de contourner les barrières de la communication.

Le documentaire prend bien le soin d’expliquer cette industrie culturelle qui peut sembler malsain pour la société japonaise. C’est analysé par des journalistes, des économistes, des sociologistes et des commentateurs de la culture. On peut aussi y voir la vision des deux côtés, celle des admirateurs et celle de l’Idole (et de ses parents). Tokyo Idols fait le tour de cette culture en démontrant le phénomène de AKB48 (que l’on peut aussi voir le documentaire sur le groupe sœur, NMB48 : Raise Your Arms and Twist – Documentary of NMB48 que j’ai vu l’an passé au RIDM). Le documentaire s’attarde aussi à quelques autres Idoles qui sont beaucoup plus jeunes que Rio. Âgé de 10 ou en 14 ans, les admirateurs de ces jeunes filles sont doux et « n’ont aucune pensée malsaine ». Ils sont pour eux des pères, des oncles qui leur donnent beaucoup d’attention et d’affection. Certains de ces admirateurs peuvent mettre jusqu’à 2000 $ par mois pour encourager leur Idole favorite. Ce n’est pas pour rien que c’est une industrie de 1 milliard au Japon!

Outre l’aspect très intéressant du sujet abordé par Tokyo Idols, le montage est assez intéressant parce qu’il y a à la fois le côté documentaire et le côté musical qui est divertissant. Par contre, ayant vu Raise Your Arms and Twist – Documentary of NMB48 il y a moins d’un an, je ne peux pas m’empêcher de comparer les deux documentaires qui ont des sujets et des thèmes très proches. Pour ma part, j’ai une préférence pour celui de NMB48 puisque le volet musical était plus présent et un peu de meilleure qualité sonore. C’est pareil pour le volet documentaire, j’ai eu l’impression de n’apprendre rien de nouveau sur le sujet puisque c’est assez semblable à celui de NMB48. Par contre, Tokyo Idols s’attarde plus aux problèmes sociétaires, économiques et démographiques que cette industrie crée.

Bref, Tokyo Idols dresse un bon portrait de la culture des Idoles et de la société nipponne. Je ne sais pas si ce documentaire peut plaire à un large public, il faut en premier temps s’intéresser à la culture japonaise afin de mieux apprécier les sujets abordés par Tokyo Idols. Pour ma part, je trouve que c’est un bon documentaire qui allie le côté instructif et le divertissement!

Alors, si c’est si plaisant être un Otaku, pourquoi s’entêter à avoir une femme? (Une traduction libre d’un des admirateurs de Rio)

 

Tokyo Idols

[Fantasia 2017] Tokyo Idols de Kyoko Miyake – Critique du documentaire
La réalisation
Le plaisir durant le visionnement
Les plus
  • Dresse un bon portrait de la société japonaise et de cette industrie
  • Un côté divertissant avec la musique
  • Découvrir des artistes
Les moins
  • Un peu trop répétitif par rapport à d'autres documentaires
  • La qualité sonore de certains extraits musicaux
4.0Note Finale

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