An a été présenté le :

  • Samedi 10 octobre à 15 h 30 à l’auditorium Alumni H-110 (Université Concordia)
  • Dimanche 18 octobre à 21 h 00 au Cineplex Odeon Quartier Latin, Salle 10

Sentaro (Masatoshi Nagase) dirige un petit magasin de dorayakis, une pâtisserie japonaise composée de deux pâtes ressemblantes à des pancakes avec une garniture de haricots rouges. Son commerce fonctionne, mais ce n’est pas non plus un grand succès. Les écoliers viennent manger quelques dorayakis avant et après leurs cours. Sentaro tente de gagner le mieux que possible sa vie après un incident survenu il y a quelques années. Un jour, une vieille dame nommée Tokue (Kirin Kiki) et âgée de 76 ans vient proposer ses services pour le poste à temps partiel au magasin de Sentaro. Au début, il refusera, mais après plusieurs tentatives, Sentaro l’engagera après avoir goûté sa recette de la pâte aux haricots que Tokue lui a préparée. Tokue lui enseignera l’art de faire la préparation de haricots rouges. Quelques jours après l’arrivée de Tokue au magasin, les dorayakis de Sentaro deviennent très populaires. Malheureusement pour les affaires de Sentaro, Tokue cache un secret qui mettra en péril son commerce.

Dès la première scène du film An, on sait que ça va être un film réconfortant (« feel good movie »). Le film ouvre sur de magnifiques paysages de fleurs de cerisier. Ça donne le ton au film avec ce côté paisible et apaisant. Le film An raconte l’histoire d’une vieille dame persistante. Même si elle est vieille (trop vieille ?) pour le travail, elle continue jusqu’à Sentaro accepte de l’engager. C’est aussi un film sur l’acceptation de la différence et de la maladie. Il y a une sincérité charmante et touchante dans ce long métrage de Naomi Kawase. La manière dont le scénario apporte la notion de partage, c’est très inspirant.

An

An est une belle réflexion sur l’exclusion (sociale). La réflexion s’effectue au début quand Sentaro refuse d’engager Tokue. Est-ce que c’est des préjugés sur l’âge de Tokue ? C’est surement le cas puisque le travail pour la confection de ces délicieux dorayakis prend de la force et de la patience. Cette réflexion se poursuit quand les gens du quartier décident de ne plus acheter de dorayakis après avoir entendu des rumeurs sur l’état de santé de Tokue qui a la lèpre. Il y a aussi le personnage de Wakana (Kyara Uchida), une jeune écolière dans le besoin, qui aidera à donner une chance à Tokue. Par contre, je ne suis pas sûr de comprendre la relation entre Wakana et Sentaro. Il n’est pas son père, il est trop vieux pour être un ami, elle est une cliente du magasin de dorayakis et Sentaro lui donne les pâtes de dorayakis manquées.

Si l’introduction était en douceur, les transitions le sont tout autant. Toujours en montrant les cerisiers en fleur, le spectateur est plongé dans la beauté et la magnificence du paysage japonais. Néanmoins, il y a deux moments que j’ai un peu moins apprécié qui utilise ces images. C’est des monologues de Tokue a écrit à Sentaro pour lui parler de la situation et de sa vie. J’ai trouvé ces moments un peu longs et ennuyants. À mon avis, ça venait briser le côté réconfortant du film.

Le film An nous plonge dans l’aventure de la préparation de la pâte de haricots rouges. Tout ce qui manque, c’est les quantités et les temps de cuisson. Par moment, on se croit dans une touchante émission de cuisine qui nous montre l’art de cette préparation. Tokue va jusqu’à parler aux haricots et à les écouter pour leur donner de l’amour et savoir quand ils sont prêts. Ça nous montre que cuisiner soi-même, c’est tellement meilleur que d’acheter une préparation toute faite. Il y a un côté fascinant à voir Tokue cuisiner et elle est tellement adorable quand elle cuisine.

Il y a un étrange rapport entre les personnages. Au Japon, la politesse est très importante. Le vocabulaire et les comportements changent selon à qui on parle. Ce qui a d’étonnant, c’est que Sentaro ne semble pas savoir comment agir avec Tokue. Il y a la relation employeur-employé (Sentaro > Tokue) qui fait un conflit dans le rapport entre personne jeune et personne âgée (Sentaro < Tokue).

Le scénario va prendre une tout autre direction quand Tokue quitte le magasin. D’une part, il y a un changement de ton. Le côté réconfortant (de cuisiner) disparait pour tomber dans une charge émotive et un peu dépressive (exploration du milieu de vie de Tokue). D’une autre part, j’ai trouvé que cette seconde partie était plus lourde et plus ennuyante. Et ça m’a paru une éternité. J’avais envie que le film se conclue.

Bref, An est un film réconfortant et touchant qui m’a plu à un certain point qui a des longueurs dans les derniers 30 à 40 minutes. C’est une belle réflexion sur la vie et les préjugés (il ne faut pas se fier aux apparences).

 

An

  • Titre original : あん (An)
  • Réalisation : Naomi Kawase
  • Scénario : Naomi Kawase, basé sur le roman de Durian Sukegawa
  • Interprètes : Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida
  • Fiction, Spiritualité, Culture
  • Japon, France, Allemagne
  • 2015
  • 113 min
  • Japonais (sous-titre anglais)
  • Présentation spéciale
  • nouveaucinema.ca/fr/films/an
    • Samedi 10 octobre à 15 h 30 à l’auditorium Alumni H-110 (Université Concordia)
    • Dimanche 18 octobre à 21 h 00 au Cineplex Odeon Quartier Latin, Salle 10

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