Daguerreotype a été présenté le 8 octobre durant le FNC 2016 et il y aura une seconde représentation le mercredi 12 octobre à 13 h 00.

Stéphane est un photographe. Avant, il se spécialisait dans la photo de mode, mais il est maintenant obsédé par les daguerréotypes (un procédé photographique datant du XIXe siècle). Depuis la mort de sa femme, c’est sa fille Marie qui est son modèle. Pour les photos, elle doit prendre des poses de 60 minutes et parfois 120 minutes. Le père et la fille habitent dans un vieux manoir en banlieue. Pour manipuler les daguerréotypes de taille 1:1, Stéphane a besoin d’un nouvel assistant. Il engagera Jean, un jeune homme sans expérience en photo, mais il est un bon travailleur.

Daguerreotype est la première incursion française du réalisateur japonais Kurosawa Kiyoshi (Creepy présenté à NYAFF/Fantasia en 2016). Ça donne un mélange assez surprenant entre la culture japonaise, celle du réalisateur, et la culture européenne (française et belge).

Dans ce film, une ambiance mystérieuse plane tout le long. C’est beaucoup dû à la trame sonore qui accentue le mystère et l’impression d’horreur. À noter que ce n’est pas un film de peur, mais bien un film qui joue sur le suspense et le mystère. C’est encore plus le cas quand le photographe commence à voir sa femme en fantôme ! Par contre, le ton du film varie par moment. C’est-à-dire qu’il y a des scènes où cette impression de fantôme est très présente (c’est lourd). Mais il y a d’autres scènes qui sont bien normales. Le scénario prend une tout autre tournure quand Marie a un accident. Le film laisse plusieurs doutes chez les personnes et même chez les spectateurs sur ce qui est réellement arrivé. Encore plus de mystère !

Le scénario se déroule assez lentement, et même c’est trop lent que l’on finit par décrocher du film. Néanmoins, les plans et la direction photographique sont absolument délectables. Cela aurait été étrange d’avoir un film qui a pour thème la photo et que la direction photo soit nul.

Dans Daguerreotype, le réalisateur questionne ce qui est la vraie photographie. À notre époque où tout est numérique, est-ce que l’on fait de la vraie photo ? Avec le personnage de Stéphane, son obsession des daguerréotypes montre la poésie et la pureté de l’art de la photographie. Mais ce personnage est un être grandement troublé, il confond parfois la photo et la réalité (soit rendre immortel un être par la photo). Cet élément perturbateur est amplifié par ses visions de fantômes. Le réalisateur parle aussi de l’attachement et les souvenirs qu’on a pour certaines choses dans la vie.

Bref, Daguerreotype de Kurosawa est un conte toxique où mystère et fantôme sont au rendez-vous sous une trame narrative de romance. J’ai un peu de difficulté à me faire une idée claire sur le fait d’avoir aimé ou non le film. Il y a plusieurs éléments très intéressants dans ce film (les thèmes, la direction photo, découvrir les daguerréotypes), mais en même temps, le scénario est très lent et il ne se passe pas tant de choses. Somme toute, il est amusant de découvrir l’univers du réalisateur dans le cadre extérieur du Japon.

 

Daguerreotype

  • Réalisation : Kiyoshi Kurosawa
  • Scénario : Kiyoshi Kurosawa
  • Interprètes : Tahar Rahim, Constance Rousseau, Olivier Gourmet, Mathieu Amalric
  • Drame, Fantastique, Horreur
  • France, Belgique, Japon
  • 131 min
  • Français, sous-titré en anglais
  • http://nouveaucinema.ca/fr/films/daguerrotype
[FNC 2016] Daguerreotype (Le secret de la chambre noire) – Critique du film
La réalisation
Le scénario et l'histoire
Le jeu des acteurs
Le plaisir durant le visionnement
Les plus
  • Le thème de la photographie (daguerréotype)
  • L'univers cinématographie japonais dans un film de la France et de la Belgique
  • ...
Les moins
  • Un scénario trop lent
  • Le mystère trop intense
  • ...
3.5Note Finale

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