Boris sans Béatrice a pris l’affiche le 4 mars 2016 sur quelques écrans au Québec. Le long métrage de Denis Côté a aussi été le film d’ouverture de la dernière édition des Rendez-vous du cinéma québécois.

Boris Malinovsky est un séduisant homme de la haute classe. Il ne manque de rien et il est un homme d’affaires accompli. Un jour, sa femme Béatrice, une ministre au Gouvernement canadien, tombe malade… elle souffre d’une mystérieuse dépression. Boris décide qu’ils doivent prendre un certain recul sur leur vie actuelle. Ils s’installent à leur luxueuse maison de campagne où Klara, une jeune domestique, entretient la maison et prend soin de Béatrice. Boris n’est pas un homme parfait. Il est arrogant, insolent et il ne se doute pas qu’il est la cause de la dépression de Béatrice. Cette situation le tourmente, mais il continue d’avoir des relations extraconjugales. C’est un moyen pour lui de se changer les idées. À un moment, un Inconnu obligera Boris à se remettre en question et se confronter ses habitudes et son comportement.

Dès les premières minutes, le scénario nous plonge dans un humour grinçant et dans l’arrogance de Boris avec une scène où Boris achète quelques chemises et la jeune vendeuse commence à lui poser mille et une questions (marketing/connaître les consommateurs). Cet humour revient tout le long du film pour alléger les grandes questions existentielles de Boris. Mais aussi, le scénario nous fait énormément ressentir un certain inconfort et les doutes que Boris vit.

Ce long métrage de Denis Côté dépeint une réalité du Québec d’aujourd’hui. Le personnage de Boris Malinovsky représente assez bien le Québec. C’est un Québec « satisfait et habitué à son confort social-démocrate, mais [qui est] tenté par l’aventure dévorante du néo-libéralisme voire du libertarisme » (ce sont les mots du réalisateur). Cette situation est bien représentée dans la relation que Boris entretient avec sa fille. D’un côté, Boris est un personnage très de droite et très néo-libéralisme. Et de l’autre côté, il y a sa fille qui est pour la défense de la justice sociale, de l’égalité et de la fraternité. Leur relation est un beau contraste et démontre ce qu’on vit au Québec depuis quelques années.

Lorsque Boris est confronté à lui-même après avoir rencontré l’Inconnu, il y a une phrase qui m’a beaucoup marqué et que je trouve très forte. C’est : « Même les plus forts doivent poser un genou par terre ». Je trouve que cette phrase reflète assez bien les doutes que vit Boris ou n’importe quelle personne (riche ou pauvre) dans la vie de tous les jours.

L’Inconnu (Denis Lavant) est un magnifique personnage qui est assez mystérieux. Son rôle n’est pas tout fait clair. Est-il une représentation de la conscience de Boris ? Le personnage de Boris Malinovsky est interprété avec brio par le fabuleux James Hyndman qui fait un retour au grand écran. Il dégage tellement un beau charisme à l’écran et il joue avec une telle justesse son personnage. Ça parait que le rôle a été écrit pour James Hyndman. Les autres personnages sont tout aussi intéressants et leur relation avec Boris fait évoluer les doutes profondément enfouis en lui. Par contre, ils n’ont pas des rôles aussi percutants que celui de James Hyndman. Bien que le personnage de Béatrice est très effacé, Simon-Élise Girard démontre la fragilité de son personnage.

La réalisation de Boris sans Béatrice est très belle. La direction photo et l’utilisation de la pellicule 35mm donnent une riche à ce film. Les plans de caméra sont magnifiques. Le scénario nous garde constamment en haleine. Il n’y a pas de temps mort dans le film et tout est bien amené pour bien faire évoluer l’histoire de Boris sans Béatrice.

Bref, je ne crois pas que Boris sans Béatrice soit un film accessible à tous et ça risque de ne pas plaire à tous. Pour ma part, j’ai bien apprécié le scénario et la réalisation de Denis Côté (dont je ne suis pas très familier avec son œuvre). Le film est assez percutant et pousse le cinéphile à lui aussi à se remettre en question sur ses choix de vie.

 

Boris sans Béatrice

  • Réalisation : Denis Côté
  • Scénario : Denis Côté
  • Interprètes : James Hyndman, Simone-Élise Girard, Denis Lavant, Isolda Dychauk, Dounia Sichov
  • Fiction
  • Québec
  • 93 min
  • Français, anglais et russe (avec sous-titres)
  • http://kfilmsamerique.com/fiches/boris-sans-beatrice.shtml
  • 4 mars 2016

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