Early Winter a/sera présenté le :

  • Mardi 13 octobre à 19 h 15 au Cinéma du Parc 1
  • Jeudi 15 octobre à 17 h 00 au Cinéma du Parc 1

David (Paul Doucet) est dans ma mi-quarantaine. Il essaie de vivre une vie confortable avec sa femme Maya (Suzanne Clément), une femme au foyer russe, et leurs deux jeunes garçons. David est un préposé de nuit pour une maison de retraite. Son travail est assez exigeant, il côtoie des gens malades et la mort. Sa vie de famille est, elle aussi, difficile. Sa femme qui ne parle qu’en anglais n’est pas très active socialement (barrière linguistique). Elle n’a presque pas d’amis. Elle aura l’occasion de croiser Alexander, son ex-amant. Cela angoisse énormément David. Il faut dire qu’il est rongé par son passé. Pour surmonter cette angoisse, David parcourt les brocantes à la recherche d’objet qu’il pourrait réparer et remettre à neuf. Aussi, il prend des antidépresseurs pour soulager son mal.

Early Winter raconte une histoire sur une famille qui passe un moment difficile. Les rapports humains peuvent être bien difficiles, c’est ce que montre le film à travers de la solitude des personnages. Le plaisir du sexe entre David et Maya n’est pas au rendez-vous, c’est un des éléments qui augmente les angoisses de David vis-à-vis de Maya et son ex-amant. Aussi, les barrières linguistiques peuvent être un obstacle à l’intégration de personnes d’origines étrangères. C’est ce qu’on constate avec le personnage de Maya qui se retrouve au Canada sans ami ni famille (sauf celle qu’elle a fondée avec David). Suzanne Clément transmet très bien ce sentiment, un peu dépressif, du manque de vie sociale et de solitude. Elle aura l’occasion de revoir un ex-amant, mais elle le fera en cachette. De son côté, David a aussi un lourd passé qu’il évite de raconter à sa femme. Oui, elle est au courant, mais David garde tout ça à l’intérieur.

Suzanne Clément donne toute une performance avec son charisme glacial. Par contre, j’ai un peu de la difficulté à me faire à l’idée qu’elle est une Russe dans le film. C’est peut-être son accent ou encore le fait que j’ai l’habitude de la voir dans des personnages québécois. Quant à Paul Doucet, il est saisissant dans son rôle. On sent que son personnage est tourmenté, mais on ne sait pas pourquoi. On finit par en découvrir petit à petit. Alcoolisme et accident de la route, c’est ce qui consomme l’âme de David et qui le chagrine. Le personnage de Paul Doucet est rempli d’empathie quand il est à son travail. Il a de meilleures relations sociales avec les gens de la maison de retraite (collèges de travail et quelques résidents). Plusieurs autres comédiens connus du Québec, il y a entre autres Micheline Lanctot, Lise Martin (Virginie, Trauma), Céline Bonnier et Didier Lucien. Leurs personnages ne sont pas très présents dans le film, mais il apporte beaucoup au scénario.

Toute l’histoire d’Early Winter est racontée avec une réalisation très lente et très statique. Ce qui apporte un côté renfermé qui est à la limite de la claustrophobie. Les plans, tout comme l’histoire, sont très minimalistes, mais ils sont très bien pensés. Toutes les scènes sont des petits plans-séquences qui sont magnifiquement bien réalisés. Ça aide à créer et à amplifier ce côté renfermé et solitaire que les personnages vivent.

Bien que l’histoire soit lente, le film Early Winter questionne le spectateur sur les rapports humains. J’ai apprécié beaucoup de choses dans ce film, même si ce n’est pas exactement le genre de film que je regarde habituellement.

 

Early Winter

  • Réalisation : Michael Rowe
  • Scénario : Michael Rowe
  • Interprètes : Paul Doucet, Suzanne Clement, Micheline Lanctot, Lise Martin, Celine Bonnier, Didier Lucien
  • Compagnie : Filmoption International
  • Drame, Rapports humains
  • Australie, Québec, Canada
  • 2015
  • 96 min
  • Anglais et français (sous-titre anglais)
  • Focus
  • nouveaucinema.ca/fr/films/early-winter
    • Mardi 13 octobre à 19 h 15 au Cinéma du Parc 1
    • Jeudi 15 octobre à 17 h 00 au Cinéma du Parc 1

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